Les axes de recherche

Axe 1 – « Genre, race et classe : du local au global »

L’axe 1 est le fruit de la rencontre d’une vingtaine de chercheur.e.s, d’enseignant.e.s-chercheur.e.s et de doctorant.e.s de l’ISP dont les travaux s’inscrivent dans les études sur le genre, les classes sociales et les processus de racialisation ainsi que d’autres rapports sociaux, tels que la religion et les générations. Il reflète également les mutations de l’ISP et la constitution progressive d’un espace de recherche spécialisé sur ces thématiques que les récents recrutements sont venus renforcer. Cet axe permet d’institutionnaliser des perspectives qui étaient présentes de manière transversale dans les axes mais qui n’avaient pas été problématisées en tant que telles. En 2016, cette tentative a trouvé une première formalisation dans un séminaire interne qui a permis la mise en commun et l’identification de questionnements de recherche convergents. L’institutionnalisation de l’axe pour le prochain quinquennal constitue l’aboutissement de ce processus de mise en dialogue de travaux auparavant dispersés. Le groupe de travail constitué autour de ce projet reflète d’ores et déjà l’ensemble des disciplines présentes à l’ISP (sociologie, histoire, science politique, droit) et s’inscrit ainsi dans la tradition pluridisciplinaire du laboratoire et permettra d’y impulser une nouvelle dynamique de recherche.

Axe 2 – « Production et circulation des savoirs, des normes et des techniques »

L’objectif consiste à analyser les enjeux socio-politiques de la production, la circulation et les usages des savoirs, normes et techniques. Il s’agit de permettre des comparaisons et confrontations entre différents objets, terrains d’analyse et ancrages disciplinaires, en rassemblant des sociologues, des juristes, des politistes, un informaticien et des historien.ne.s. Le spectre des objets étudiés et domaines de spécialités est large et contribue aux transversalités au sein du laboratoire. On y retrouve le sport, la justice, les sciences, le patrimoine, la prison, la religion, la famille, les technologies émergentes, le genre, l’université, la probité politique… Les recherches s’inscrivent en outre dans des contextes géographique et historique très variés.

Cette diversité rend saillantes les lignes de transversalité fortes qui orientent nos échanges et leur structuration concrète. Nous accordons une attention prononcée aux normativités, de même qu’aux savoirs et aux techniques car ces concepts sont des révélateurs de processus sociopolitiques plus généraux. La problématique de la production, de la circulation et de l’appropriation des savoirs nourrit enfin des réflexions sur les modalités d’articulation des pratiques, des dispositifs et des politiques, dans une perspective régulatrice.

Axe 3 – « Violences, conflits, mobilisations »

Cet axe se propose, en mobilisant toutes les sciences humaines et sociales représentées au sein de l’ISP, d’étudier le politique à travers la violence et le conflit en les considérant comme des faits sociaux et historiques « ordinaires ». Dans la continuité des recherches menées à l’ISP, il s’agira d’interroger la normalité et la fluidité de situations plus souvent pensées dans la rupture et l’exception. Ainsi, l’analyse des transitions et des frontières entre guerre et paix, celle du quotidien du conflit, de ses résurgences dans le temps et la mémoire, ou encore l’articulation entre l’individu et le social à travers les diverses formes de mobilisation permettront de questionner l’inscription de la violence dans les sociétés contemporaines.

Axe 4 – « Formations et transformations des Etats – Du jeu national à l’enjeu transnational »

« Bringing the state back in » : si ce mot d’ordre déjà ancien peut sembler frappé d’obsolescence par les processus de mondialisation, il conserve pourtant son entière actualité pour les sciences sociales du politique. Sans nier le rôle des entités supranationales comme celui des mouvements autonomistes et régionalistes, le simple recul historique fera admettre que la « crise » des États n’est ni un phénomène si récent, ni la marque de leur extinction certaine. La formation des États constitue en effet l’une des énigmes les plus complexes auxquelles sont confrontées les sciences humaines et sociales. Elles explorent depuis longtemps déjà différentes approches : à partir de leurs conditions économiques et sociales d’émergence, comme produit de la complexité de la division du travail social, ou alors comme résultat d’un processus de monopolisation. En partant de ces pistes de recherche, cet axe se propose d’étudier les formations et les transformations des Etats, voire les crises qui les affectent jusqu’à remettre en cause leur existence, à partir d’une double démarche, à la fois comparative et historique.