Dossier coordonné par Milena Jaksic et Nadège Ragaru
Droit et société, n° 102 (2019/2)

La construction en objet d’intérêt de la catégorie de victimes a suscité des cadrages privilégiés. Certains travaux ont décrit, pour mieux le déplorer, l’avènement d’une « société des victimes » dans laquelle une sensibilité presque exclusive à cette condition singulière se serait cristallisée, simplifiant le récit de faits complexes, alimentant les concurrences entre victimes et entraînant l’orientation exclusive des procédures judiciaires vers des enjeux de réparation. D’autres recherches ont pointé la permanence d’un soupçon qui aurait continué à peser sur les personnes manifestant de manière trop présente dans les arènes judiciaires les souffrances qu’elles avaient endurées.

Plutôt que d’adopter une position de surplomb par rapport à ces débats sur la centralité ou la marginalité des victimes, une aspiration a guidé la constitution de ce dossier : se tenir au plus près des acteurs – qu’il s’agisse de personnes qualifiées de victimes, de professionnels de la justice ou de la police, etc. – et restituer les opérations critiques par lesquelles ils sont amenés à prendre parole, à faire récit de leur expérience, établir des faits et formuler des attentes. Au-delà des sensibilités disciplinaires plurielles des articles ici rassemblés (anthropologie, sociologie, sociologie historique du politique), une même attention aux détails minuscules, à la matérialité à travers laquelle gestes et actes adviennent, traverse les écritures dans une démarche qui fait écho aux analyses du processus de victimisation par le droit. []

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Avec des contributions de Guillaume Mouralis, Sandrine Revet, Jeanne Hersant et Sandrine Lefranc.

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