ISP - Institut des Sciences sociales du Politique UMR7220

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MOURALIS Guillaume

Chargé de recherche (CR1) au CNRS

Institut des Sciences sociales du Politique - ISP UMR7220
Maison Max Weber - 3ème étage
Université Paris Ouest Nanterre
200, avenue de la République
92001 Nanterre Cedex
Tél. : 01 40 97 78 90
E-Mail : gmouralis@u-paris10.fr


Thèmes et orientations de recherche

• Histoire contemporaine de l’Allemagne.
• Sorties de guerres, épurations, politiques du passé, procès pour crimes de masse (Allemagne, France, Europe centrale et orientale).
• Socio-histoire du droit et de la justice (justice pénale nationale et internationale).
• Réflexion sur les rapports entre l’histoire, la mémoire collective, le droit et la justice.

Recherche en cours

- Socio-histoire de la justice pénale internationale au XXe s.

Cadre général
Les recherches sur la justice pénale internationale au XXe siècle, focalisées sur les événements judicaires que sont les grands procès (de Leipzig au procès Milosevic en passant par Nuremberg) peinent à penser la manière dont cette justice s’inscrit et se déploie dans le temps. Pour tenter de mieux comprendre les logiques ici à l’œuvre, je souhaite examiner deux hypothèses de recherche :
- La diffusion dans le temps (mais aussi dans l’espace) des principes, raisonnements et savoir-faire de la justice pénale internationale est inséparable de la constitution d’un espace professionnel relativement autonome par rapport aux sphères juridiques et politiques nationales.
- Si les juristes internationalistes et pénalistes furent, à des degrés divers, contraints par des modes spécifiques de production et de diffusion du droit, l’autonomisation relative de ce groupe et son action hors du cadre étatique traditionnel a sans doute favorisé une liberté et une inventivité accrues.
Pour vérifier ces deux hypothèses, ce programme de recherche s’organise autour de trois axes prioritaires. Suivant une démarche sociogénétique, il part du présent pour ensuite remonter le temps.
1) Dans les années 1990, trois types de réponses judiciaires ont été apportées à la question des crimes de masse : des réponses nationales, supranationales et enfin internationales, qui interagissent de manière complexe.
2) L’éclipse durable de la justice pénale internationale "en acte" pendant la guerre froide, dans son acception large (de la fin des années 1940 au début des années 1990), a favorisé, par contrecoups, les expérimentations judiciaires nationales en matière de jugement des crimes de masse. A partir de 1948, en effet, un coup d’arrêt durable a été porté au développement de la justice pénale internationale. Les catégories, arguments et savoir-faire de la justice pénale internationale ont été soit ignorés (dans le cas américain), soit rejetés (dans le cas ouest-allemand), ou bien encore reçus et interprétés par les juridictions nationales (dans le cas français). Dans chacun des pays étudiés, les promoteurs du droit international pénal ont réagi d’une manière spécifique à cette évolution tout en travaillant au développement "discret" de l’ordre pénal international esquissé dans l’après-guerre (en suscitant des conventions internationales ou en cherchant à promouvoir une cour pénale internationale).
3) Le troisième axe de recherche est consacré à l’émergence d’une justice pénale internationale "en acte" pendant et après la seconde guerre mondiale. Expliquer et comprendre ce moment inaugural, marqué par la catégorisation de nouveaux crimes et les procès de Nuremberg et Tokyo (1943-1948), cela revient me semble-t-il à étudier deux processus indissociablement mêlés : d’une part, la socio-genèse des nouvelles catégories ; d’autre part, la constitution, depuis la fin des années 1920, d’un espace professionnel transnational au sein duquel a été porté, conçu et mis en œuvre le programme qui s’est déployé à partir de 1945. Les procès d’après-guerre constituent une véritable matrice des développements récents de la justice pénale internationale : ce programme de recherche est de ce point de vue conçu comme une enquête sur la "pré-histoire" de l’ordre pénal international qui se dessine depuis quelques années.

Enquête en cours sur le procès de Nuremberg

Dans le cadre de ce programme de recherche, je mène depuis 2008 une enquête sur les trajectoires et carrières des juristes associés à la préparation et à la mise en œuvre du procès des grands criminels de guerre à Nuremberg (1945-1946). Trois institutions, correspondant chacune à une arène internationale spécifique, retiennent plus particulièrement mon attention : une association professionnelle fondée à Paris en 1924, l’Association internationale de droit pénal (AIDP), à la fois société savante de type " réformiste " et vivier d’experts auprès des organisations internationales ; une institution intergouvernementale créée à Londres en 1943, la commission des nations unies pour les crimes de guerre (UNWCC), chargée d’enquêter sur les violation du droit de la guerre par les puissances de l’Axe ; les délégations française et américaine au Tribunal International de Nuremberg (mises sur pied à partir du printemps 1945). Pour étudier les trajectoires des membres de ces trois institutions, j’ai, suivant une démarche prosopographique, construit une base de données biographiques à partir de sources diverses (archives publiques et privées, dossiers de carrière, notices de who’s who et d’annuaires), autorisant un traitement quantitatif des données recueillies. Cependant, l’étude des carrières ne représente pas ici une fin en soi de la recherche ; elle est plutôt conçue comme une "entrée" permettant d’aborder sous un nouvel angle des questions classiques de l’histoire et de la sociologie du droit. L’approche par les carrières fournit ainsi des clés pour mieux comprendre les ressorts des innovations juridique, organisationnelle et technologique associées au procès de Nuremberg. Elle permet aussi de poser à nouveaux frais la question des rapports entre droit, histoire et mémoire collective.

Enseignements

2012-2015 : (avec Sandrine Lefranc) Séminaire de Master 2 " Démocratisations, sorties de conflit ", université Paris Ouest Nanterre, Science Politique, master recherche.
2007-2009 : Conférence d’histoire à Science Po Paris (master 1). Thème : " La guerre, une entrée dans l’histoire des XXe et XXIe siècles ".
2003-2008 : TD d’histoire du droit et des institutions à l’université Paris Sud (licence 1 et 2).
2001-2002 : Séminaire d’histoire à l’université de Leipzig (licence - maîtrise).
1996-2000 et 2007-2008 : Cours d’histoire-géographie en lycée et collège.

Responsabilités scientifiques et recherches collectives

• IRENE : responsable avec David Ambrosetti et Sandrine Lefranc du programme de recherche " Les professionnels internationaux de la paix. Histoire et sociologie d’une ingénierie transnationale " (IRENE), financé par l’Agence Nationale de la Recherche, 2011-2014.
• EURHIST XX : représentant de l’ISP au sein du " European Network for Contemporary History ", groupe de recherche européen du CNRS (EurhistXX), depuis 2011.
• GRHISPO : responsable avec François Buton et Renaud Payre, du groupe de recherche " Histoire / Science politique " (GRHISPO) de l’AFSP, 2005-2011.
• Séminaire général de l’ISP " Histoire et sociologie du politique " : coordination du séminaire en 2010-2011 et 2011-2012.
• Collaborations régulières avec l’Institut d’histoire du temps présent (CNRS – Paris) et le Centre Marc Bloch (Berlin).

Responsabilités d’intérêt collectif

• Secrétaire scientifique de la section 40 du Comité National de la Recherche Scientifique, 2012-2014.
• Membre élu (SNCS-FSU) de la section 40 du Comité National de la Recherche Scientifique, mandat 2012-2016.
• Membre élu du Comité Consultatif de Discipline, Université Paris Ouest Nanterre, section 04 du CNU (science politique), 2013-2017.
• Coordination, avec Marielle Debos, de l’axe " conflits, sorties de conflits, mutations politiques " (projet quinquennal de l’ISP, 2013-2018)

Jurys de thèse et comités de sélection

• Membre des comités de sélection pour le recrutement à deux postes de maître de conférences (" sociologie de l’Etat et de l’action publique " et " Sociologie de la construction et des institutions européennes "), Université de Paris Ouest Nanterre, mai 2010.
• Membre du jury de thèse de Raluca Ursachi, La justice de transition en Roumanie postcommuniste. Usages politiques du passé (thèse de science politique sous la direction de Pierre Birnbaum, Université Paris I, 543 p. dont annexes), 13/12/2012.

Publications

Ouvrages et direction d’ouvrages

• Mouralis, G., Une épuration allemande. La RDA en procès 1949-2004, Paris, Fayard, 2008, 430 p. Résumé et sommaire.
• Mouralis G. (dir. avec L. Israël), Dealing with Wars and Dictatorships. Legal Concepts and Categories in Action, La Haye, Springer / TMC Asser Press, 2014, 272 p. Résumé et sommaire.
• Mouralis, G., "Introduction", in : Falco, Robert, Juge à Nuremberg. Souvenirs inédits du procès des criminels nazis (1945-1946), Illustrations de Jeanne Falco et préface d’Annette Wieviorka, Nancy, éditions Arbre bleu, 2012, p 11-23.

Chapitres d’ouvrages collectifs

• (avec L. Israël), "Repenser le rôle de la justice dans les transitions. Retour sur les catégories et relectures empiriques", in : Andrieu K. & Lauvau G. (dir.), Quelle justice pour les peuples en transition  ? Démocratiser, réconcilier, pacifier, Paris, Presses de l’Université Paris Sorbonne, coll. " Philosophie appliquée ", 2014, p. 47–64.
• (avec L. Israël), "General Introduction", in : Israël, L. & Mouralis, G. (ed.), Dealing with Wars and Dictatorships. Legal Concepts and Categories in Action, La Haye, Springer / TMC Asser Press, 2014, p. 1-20.
• "The invention of “transitional justice” in the 1990s", in : Israël, L. & Mouralis, G. (dir.), Dealing with Wars and Dictatorships. Legal Concepts and Categories in Action, La Haye, Springer / TMC Asser Press, 2014, p. 83-100
• "The rejection of international criminal law in West Germany after the Second World War", in Mink, G. & Neumayer, L. (dir.), History, Memory, and Politics, Londres, Palgrave Macmillan, 2013, p. 226-241.
• "Lawyers versus jurisconsults. The allied staff at the main Nuremberg Trial", in : De Koster M., Leuwers, H., Luyten, D. et Rousseaux, X. (dir.), Justice in Wartime and Revolutions. Europe, 1795-1950, Bruxelles, Archives générales du Royaume, coll. Justice and Society, 2012, p. 325-336.
• "Des victimes effacées. Les victimes de la répression politique en RDA et l’épuration post-communiste", in : Lefranc, S & Mathieu, L. (dir.), Mobilisations de victimes, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2009, p. 53-67
• "Allemagne. 1989 dans la chronologie légitime de l’épuration", in : Heurtaux, Jérôme – Pellen, Cédric (dir.), 1989 à l’Est de l’Europe. Une mémoire controversée, La Tour d’Aigues, Editions de l’Aube, 2009, p. 80-102.
• "La ’justice de transition’ au risque des épurations. La RDA en procès 1949-2002", in : Offerlé, M. & Rousso, H. (dir.), La fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 179-188.
• "Der Fall Oehme (1951-1995). Der Umgang der Justiz-Juristen mit DDR-Staatsverbrechen im vereinigten Deutschland zwischen ’Geschichts-’ und ’Vergangenheitspolitik’", in : Kott, S. & Droit, E. (dir.), Die Ostdeutsche Gesellschaft. Eine transnationale Perspektive, Berlin, Ch. Links Verlag, 2006, p. 236-250.
• "La RDA en procès (1949-2004). Genèses d’une épuration", in : Kott, S. - Mespoulet, M. (dir.), Le post-communisme dans l’histoire, Bruxelles, Editions de l’université de Bruxelles, 2006, p. 191-201.
• "Edmond Michelet (1899-1970)", in : Andrieu, C. - Braud, P. - Piketty, G. (dir.), Dictionnaire Charles de Gaulle, Paris, Robert Laffont, coll. "Bouquins", 2006, p. 766-769.
• (avec L. Israël) "Les magistrats, le droit positif et la morale. Positivisme juridique et jus-naturalisme comme catégories de la pratique", in : Israël, L. - Sacriste, G. – Vauchez, A. - Willemez, L. (dir.), Sur la portée sociale du droit. Usages et légitimité du registre juridique, Paris, PUF, coll. "CURAPP", 2005, p. 61-78.
• "Le ministre de la justice face à la guerre d’Algérie, 1959-1961", in : Edmond Michelet, homme d’État, Actes du colloque du 15 octobre 1999, Fraternité Edmond-Michelet, Brive-la-Gaillarde, 2000, p. 143-161.

Articles dans des revues à comité de lecture

• (avec S. Lefranc), "De quel(s) droit(s) la justice internationale est-elle faite ? Deux moments de la constitution hésitante d’une justice de l’après-conflit", Socio, n°3, dossier "Chercheurs à la barre", septembre 2014, p. 209-246.
• "L’épuration des élites est-allemandes entre ingénierie sociale et utopie politique. La République Démocratique Allemande en procès", Allemagne d’aujourd’hui, n°208, dossier "Transitions démocratiques et transformation des élites en Allemagne au XXe siècle", avril-juin 2014, p. 87–93.
• "Tempo giuridico e tempo politico nell’epurazione post-comunista in Germania", Passato e presente, 2010 (vol. XXVIII), n°80, p. 81-100.
• "Vergangenheitsbewältigung ou épuration ? La RDA en procès dans les années 1990", Allemagne d’aujourd’hui, n°188, avril-juin 2009, p.123-132.
• "Les apories des approches transitionnelles ou les temporalités différentielles des ’épurations’ judiciaires. Les procès contre la direction politique est-allemande", Traverse. Zeitschrift für Geschichte. Revue d’histoire, n°1, 2004, dossier "Justiz und Geschichte", p. 75-86.
• "La gestion publique du passé communiste dans l’Allemagne unifiée", Le Débat, n° 122, novembre-décembre 2002, p. 89-101.
• "Justice pénale et "politique du passé" en Allemagne depuis 1949", Histoire et Anthropologie, série Europes, n°1, dossier "Allemagne multiple", 2002, p. 93-106.
• "Le procès Papon. Justice et temporalité", Terrain, dossier "Qu’est-ce qu’un événement ?", n° 38, 2002, p. 55-68.
• "Le procès Honecker, la gestion publique du passé communiste et la longue durée", Bulletin de l’IHTP, n°80, dossier "usages politiques du droit et de la justice", second semestre 2002, p. 102-116.
• (avec L. Israël), "Le chercheur en sciences sociales comme acteur du procès ?", Droit et Société, n° 44/45, 2000, p.159-175.

Articles dans des revues sans comité

• "Une épuration allemande", L’Histoire, dossier "Le Mur de Berlin. 1961-1989", n°346, octobre 2009, p. 86-91.
• "Stasi : ruée sur les archives" et "Lustration à la polonaise", L’Histoire, dossier "Le Mur de Berlin. 1961-1989", n°346, octobre 2009, p. 88 et 91.
Valorisation de la recherche (presse, radio, cinéma)
• "Détournement de mémoire. Das Zentrum für politische Schönheit", blog Mediapart, 18/11/2014.
• "Au coeur de la Stasi", film bonus accompagnant le DVD La Vie des autres (Paris, 2007, 15 minutes, réalisation A. Valière).
• Interviewé par Marc Molitor dans le cadre de l’émission "Le carnet du 8h00", La première - RTBF, 5 mars 2007. Thème : "Les pays de l’Est face à leur passé communiste. Le cas de la RDA."
• Invité à l’émission "Le bien commun", réalisée par Antoine Garapon, France Culture, 4 mars 2006, 11h-12h. Thème : "Comment l’Allemagne a-t-elle apuré les comptes de son passé communiste ?"
• "Le ’modèle’ allemand", entretien donné au quotidien québécois La Presse, dossier "Comment réussir la débaasisation de l’Irak ?", 13 avril 2003, p. 3.

Formation

• Qualification par les sections 04 (science politique) et 22 (histoire des mondes moderne et contemporain) du Conseil National des Universités (2006).
• Doctorat d’histoire franco-allemand (2005), préparé en cotutelle à l’université Paris 10 Nanterre et à la Technische Universität de Berlin. Mention très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité (summa cum laude).
• DEA de sciences sociales (1999), préparé à l’EHESS Paris. Mention très bien.
• Agrégation d’histoire (1996), préparée à l’université Paris I.

Parcours professionnel

• 2003-2007 : attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) en histoire du droit à l’université Paris sud (faculté Jean Monnet , Sceaux).
• 2000-2003 : boursier de la fondation universitaire du Sénat de Berlin, du Centre Marc Bloch et du CIERA.
• 1998-2000 et 2007-2008 : professeur agrégé d’histoire en collège et lycée.
• 1996-1997 : CSN enseignant/animateur culturel à Erfurt.