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LOPES FABRIS Alice

par Aleks - publié le

LOPES FABRIS Alice

Doctorante en Sciences juridiques à l’Ecole normale supérieure Paris-Saclay - Ecole doctorale Sciences de l’Homme et de la Société - N°578

  • La notion de crime contre le patrimoine culturel en droit international

Directeur de thèse : Vincent NEGRI

Résumé du projet de thèse :

Le patrimoine culturel a souvent été une cible dans les conflits armés. La condamnation de ces actes a toujours été présente dans les écrits des philosophes et des historiens – par exemple Polybe (200 -118 avant C.) soulignant que la destruction des temples et statues commise par Philippe de Macédoine n’avait aucun propos militaire. Malgré les condamnations morales, la destruction intentionnelle des biens culturels – patrimoine des peuples – dans l’art de faire la guerre, est présente à toutes les époques, depuis la Haute Antiquité – Assurbanipal dévastant Suse – jusqu’à nos jours – l’État islamique détruisant les mausolées des prophètes musulmans et les sites antiques. Depuis le XVIIIème siècle, les États ont élaboré un ensemble de règles juridiques qui tendent à interdire la destruction intentionnelle du patrimoine culturel, sans pour autant garantir l’effectivité de ces normes. Aujourd’hui, on observe un accroissement des atteintes directes au patrimoine culturel. Qu’il s’agisse de la dévastation par l’État islamique des statues et des collections du musée de Mossoul, de la destruction des mausolées des Saints au Nord Mali, ou encore de la négligence envers la conservation des biens culturels au nord de Chypre, la Communauté internationale apporte une réponse faible, sinon mesurée, symptôme d’une forme d’impuissance, à ces actions. L’engagement de la responsabilité des auteurs des destructions comme celle des Etats demeure marginal, malgré un renforcement croissant des normes internationales dédiées à la protection des biens culturels lors des crises et des conflits armés, adossées à des incriminations pénales posées par de juridictions internationales spéciales ou, plus récemment, par le statut de la Cour pénale internationale. A partir de ces analyses, la thèse étudiera les figures plurielles de la notion de crime contre le patrimoine culturel en droit international, investira les mécanismes de réparation et de compensation, et procédera à un examen critique des évolutions de la notion.

Résumé du projet de thèse en anglais :
Cultural heritage has often been a target in armed conflicts. The condemnation of these acts has always been present in the writings of philosophers and historians - for example Polybius (200-118 BC), emphasizing that the destruction of the temples and statues committed by Philip of Macedonia had no military purpose. Spite the moral condemnation, the intentional destruction of cultural property - the heritage of peoples - in warfare, has been present at all times, from the Antiquity - Assurbanipal devastating Susa - to the present day - ISIS destroying Muslim mausoleums and the ancient sites. Since the 18th century, States have developed a set of legal rules which tend to prohibit the intentional destruction of cultural heritage, without guaranteeing the effectiveness of these standards. Nowadays, the intentional damage to cultural heritage has increased. Whether it is the devastation of the statues and collections of the Mosul Museum of the Islamic State, the destruction of the Mausoleums of the Saints in Northern Mali, or the negligence with cultural property in the north of Cyprus, the International Community provides a weak, if not measured response, a symptom of a form of impotence, to these actions. The engagement of responsibility of the perpetrators of those destruction as the engagement of States, remains marginal, despite an increasing and strengthening of international standards dedicated to the protection of cultural heritage during crises and armed conflicts, including the engagement o responsibility by criminal offenses imposed by special international jurisdictions or, more recently, by the Statute of the International Criminal Court. Based on this analysis, the thesis will examine the pluralistic aspects of the notion of crime against cultural heritage in International Law, it will research the mechanisms of reparation and compensation, and carry out a critical analyzes of the evolutions of this notion.